
Le 26 mars 2012, je décide de ranger mes photos, quand soudain une photo tombe sur mes genoux et je me découvre en compagnie de Napoléon, mon bardot* et là de merveilleux souvenirs reviennent dans ma mémoire.
Voici comment les choses se sont passées, je me souviens très bien, c’était le 6 juin 2006. J’allais bientôt avoir 8 ans, si mes souvenirs sont justes je devais être en classe de CE2 à Plouescat. Quand un matin, papa me réveilla très tôt, le jour commence tout juste à se lever, je m’habille en deux temps, trois mouvements et le suit sans savoir ou nous allons. Nous sortons, allons dans les pâtures, et là, je découvre une merveilleuse créature difforme qui s’approche de moi, suivie de sa mère. Papa m’explique qu’il c’est levé dans la nuit car il a entendu du bruit dans le boxe des ânes et alla voir si ficelle l’ânesse de maman a mit bas son petit. Dès que j’ai serré mon bardot, dans les bras, j’ai su que j’avais la passion du cheval. J’ai commencé à pratiquer le poney au centre de Plouvorn puis, très vite je suis passé à la taille au dessus, le cheval. C’est vrai que sa change car quand on monte et que l’on regarde par terre on se dit » j’espère que je ne vais pas tomber !! ».Le premier cheval que j’ai aimé c’était un cheval du centre qui par un heureux hasard était né dans les écuries de mon oncle; il s’appelait Hermès, il était alezan, et surtout, c’était un géant, je n’ai jamais vu un cheval si grand, de la hauteur de mes six ans, ce n’était plus un cheval mais un Dieu. En vérité et avec quelques années de recul c’était une grosse bourrique, qui craquait à chaque pas et incapable d’aller plus vite que le petit pas.
Après quelques années, je devais être en 5ème, j’ai changé de centre équestre car je commençais à me lasser, j’ai donc dis au revoir à mon Hermes et je suis parti au centre équestre de Bodilis. Lors de cette première séance, je m’en souviens comme d’hier, j’avais peur, j’appréhendais, je savais que Mathieu mon moniteur était très gentil, exigeant, n’aimant pas les cavaliers médiocres au contraire de mon ancien centre équestre. A la fin de cette première heure je dis « ouf ». Je suis rouge comme une tomate et épuisé, mon tee-shirt est trempé sous ma protection; oh, oui, je m’en souviendrais de ce premier cours dans ce centre équestre, saut, obstacle, dressage sans arrêter durant toute l’heure. A ce-jour, j’ai pris le rythme, je continue dans ce club, je m’y plais vraiment bien, mon niveau à beaucoup évolué, j’ai pu passer mes galops 2-3 et 4. Malheureusement depuis quelques temps, une forte douleur au genou gauche m’a fait consulter des médecins et après de nombreux examens, j’ai du me résignier à ma m’arrêter pendant sept mois, désespérée, déprimée, accablée, à l’idée de ne plus pouvoir faire de sport pendant tout ce temps.
Un jour, en juin 2011, mon oncle vient chez nous et parle à mes parents, d’un cheval qu’il aime beaucoup, c’est un trotteur français, qui a pratiquer des compétions de Sulky, mais malheureusement, pour ses 6 mois il ne c’est pas qualifié, son temps n’est pas suffisant pour continuer les courses et son propriétaire, dépité, ne peut le garder et va l’envoyer à l’abattoir. Mon oncle démoralisé, explique la situation a mes parents .Quelques semaines plus tard nous sommes partis dans les côtes d’Amor pour voir ce cheval qui mérite une vie meilleure. Arrivé là-bas, j’entre dans l’enclos, j’aperçois un jeune cheval noir, grand, crinière emmêlée et fougueux. Je sais qu’il est un peu sauvage, je m’approche doucement afin de pas l’effrayer, à son contact, j’ai un gros coup de foudre. Je passe un bon moment, en sa compagnie. Le temps me paraît trop court, mais il faut déjà, rentrer. Pour une fois la route du retour m’a parut très rapide puisque pas un instant je n’ai arrêté de penser a ma jument que j’imagine galopant dans les pâtures de kerliviry en compagnie des ânes et de
mon bardot. Kerliviry, nous y habitons depuis le 14juillet 1997 c’est à dire depuis ma naissance. Pour entretenir les pâtures mes parents ont eu l’idée d’acheter un âne; ils choisissent ficelle, une ânesse de 5 ans qui vient de l’ile de sieck et qui attend un petit, que l’on nommera Impérial. Mon bardot, est arrivé quelques années plus tard et enfin Raki, l’âne de grand-papa, mon grand- père qui est venu compléter le troupeau.
Mais revenons à l’histoire de mon cheval, avant de sortir de l’enclos, la larme à l’œil, je lui ai fait une promesse: « t’inquiètes pas je te laisserai pas partir a l’abattoir! « . Quelque heures plus tard, nous sommes mes parents et moi autour de la table et ils me posent quelques questions sur ce cheval puis la meilleur phrase que j’ai entendu venant de mes parents » si se cheval te plait, ton oncle et nous, nous nous sommes mis d’accord : si tu as ton brevet le cheval sera à toi sinon ton oncle le prendra car il l’aime beaucoup ». Courant juillet ma promesse était tenu, mon oncle par un beau jour d’été arriva avec son van, à peine arrêté je bondis à l’intérieur, folle de joie, sanglotant pour enlacer ma nouvelle amie « Vero du Freisy », mon cheval ….. presque à moi, il ne reste que le plus dur: avoir mon brevet !! Je la caresse très fort! C’est le moment de la faire sortir, et de lui montrer son nouveau lieu. Elle a peur mais m’obéit, elle est dehors et hennit de toute ses forces. Elle est majestueuse…
« Comme quoi une rencontre peut changer une fillette » dirait mon père
* croisement entre une ânesse et un cheval
Sophie Ponthieux